Aloo baba

L’Inde attire énormément d’étrangers, pour des raisons très diverses : spirituelles (se rendre à Richikesh, Darhamsala ou Bodh Gaya permet de rencontrer cette faune particulière), économiques (j’ai connu une aristocrate française, avec château, duplex parisien, assujettie à l’impôt sur la fortune, qui passait ses hivers en Inde pour économiser le chauffage), commerciales ou touristiques comme dans notre cas.

Richikesh, crazy guru, India

Voici donc quelques brefs portraits de voyageurs croisés en chemin. Ils ne roulent pas forcément sur l’or mais vivent comme ils le souhaitent.

Pour commencer, Jérôme et Géraldine, français, la quarantaine avec qui nous avons passé quelques jours à Mirik, près de Darjeeling. Jérôme importe des bijoux indiens qu’il vend via son site Internet et des boutiques dans le sud-est de la France avec le statut d’auto-entrepreneur. Géraldine est aide soignante en CDD. Elle ne signerait pour rien au monde un CDI, explique à chaque départ à ses collègues qu’elle part travailler dans un orphelinat à Calcutta, elle gagne ainsi un assentiment moral en évitant des jugements trop hâtifs. Ils passent chaque annee 3 à 5 mois en Inde, ont tous les deux de bonnes bases en hindi, connaissent bien la culture indienne sans cet égo démesuré que l’on voit trop souvent chez les voyageurs au long cours.

Igor, biélorusse, la trentaine, croisé à la gare Nizamuddin à Delhi. Il est moniteur de parapente et s’accorde 6 mois en Inde chaque année, souvent à Goa. Il trouve ses clients sur la plage (la police tolère moyennant un bakchich), facture 2000 roupies la sortie (35€) et peut enchaîner jusqu’à 10 vols par jour grâce aux thermiques qui lui permettent d’atterrir sur son site de décollage. Le reste de l’année s’écoule entre Minsk et l’Abkhazie, sur les bords de la mer noire. Une vie dans l’air, depuis 8 ans déjà.

Qutub minar, Delhi, India

 

Melvin, allemand, 20 ans que nous rencontrons grâce à Fabian à Amritsar, à la frontière avec le Pakistan. C’est son premier long voyage, 5 mois en Inde, en stop ou en bus avec 10€ par jour. A 31 ans, en essayant de croquer la vie autant que possible, en multipliant les voyages et les expériences professionnelles, intellectuelles, je ne sens aucune différence avec une personne qui va tout juste commencer ses études au retour de voyage. Melvin nous impressionne par ses connaissances, ses idées, sa maturité, son empathie.

Tansen grave, Gwalior, India

 

Dernier personnage, que nous n’avons pas croisé mais dont Melvin nous contera l’histoire : Aloo Baba. Les babas (du perse, « bab », le père) sont en Inde des ermites, des saddhus respectés vivant le plus souvent d’aumône à l’écart de la société. Celui-ci a élu domicile près de Pushkar au Rajasthan. Il se nourrit uniquement de thé, de haschich et de pommes de terre (aloo en hindi). D’où son titre d’Aloo baba !

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