L’hospitalité iranienne et le taarof

L’hospitalité en Iran est extraordinaire, c’est une valeur culturelle très forte, similaire à ce que l’on peut vivre en voyageant au Pakistan, en Algérie ou au Maroc (hors zones touristiques).

Il ne s’agit pas d’idéaliser : on trouve toujours des personnes malhonnêtes prêtes à vous faire payer 3 fois le prix normal de la course en taxi ou de vous attirer dans un mauvais plan. Malgré cela, il sera par exemple tout à fait normal pour un iranien d’arrêter de travailler 2 jours pour vous montrer sa région (vécu à Dezful dans le pays Elamite avec un cadre dirigeant 50 personnes pour EDF local), vous couvrir de cadeaux (à ce jour un châle et un appareil pour fabriquer des falafels), partager un repas ou le toit avec l’inconnu que vous étiez 10 minutes auparavant. C’est surtout vrai dans les zones rurales comme dans le Kurdistan iranien, ce l’est un peu moins dans les grandes villes.

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Les iraniens ont même un mot, le « taarof », pour désigner l’ensemble des règles de politesse qui régissent les échanges humains. Vous hélez par exemple un taxi, c’est à dire à peu près n’importe quelle voiture passant dans la rue. A la fin du trajet, le chauffeur pourra refuser vos rials. C’est du taarof, une simple politesse. Il faudra insister 3 ou 4 fois pour connaître le prix. Si par malheur vous partez sans régler, vous verrez dans ses yeux une incompréhension profonde. Malgré notre connaissance de cette règle, il nous arrivera après d’infructueuses tentatives de ne pas payer un ticket de métro, de bus ou même une boisson dans un magasin.

Cette gentillesse et cette hospitalité est parfois envahissante. La main sur le cœur, avec les meilleures intentions du monde, les iraniens ne vous demanderont pas forcément votre avis. Pourquoi questionner si nous voulons une glace maintenant ou prendre une photo ici puisqu’ils savent exactement ce qui est bon pour nous ? Ce comportement, poussé à l’extrême et associé à un certain autoritarisme peut entraîner des incompréhensions, des tensions voire une certaine violence. Plus grave à mon sens : comment peut naître une relation amicale et sincère si il n’y a pas de partage ? Si une partie donne tout et l’autre est réduite à recevoir ? Nous quittons parfois nos hôtes épuisés, heureux de l’expérience mais aussi soulagés à l’idée de retrouver une chambre d’hôtel minable avec la liberté d’agir comme bon nous semble.

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